Il y a des régions qui semblent avoir été dessinées pour être découvertes au rythme d’un camping-car. La Toscane en fait indiscutablement partie. Passé la ruée estivale, la lumière rasante de septembre et octobre transforme les collines du Chianti en un patchwork ocre et vert, tandis que les vignes se chargent de grappes prêtes à être vendangées. Moins de touristes, des températures idéales pour crapahuter dans les villages perchés, et des routes de crête à couper le souffle : voici notre itinéraire complet pour un road trip en camping-car en Toscane, entre gastronomie, patrimoine et art de vivre à l’italienne.
Pourquoi partir en Toscane en camping-car à l’automne ?
La Toscane vit au rythme des saisons agricoles, et l’automne y est sans doute le plus spectaculaire. Entre fin septembre et mi-octobre se déroule la vendemmia, les vendanges : les domaines viticoles s’animent, beaucoup ouvrent leurs portes pour des dégustations et parfois même pour participer à la cueillette. La chaleur écrasante de l’été a disparu, les journées restent douces (18 à 24°C en moyenne) et la lumière dorée de fin de journée sublime les paysages chers aux photographes. Autre avantage de taille pour les camping-caristes : les routes de montagne et les petits villages, saturés en juillet-août, retrouvent une circulation bien plus respirable.
Bien préparer son passage en Italie
Avant de prendre la route, quelques pointsméritent d’être anticipés. Les fameuses zones à trafic limité (ZTL) encadrent le cœur historique de nombreuses villes toscanes, dont Sienne, Lucques et San Gimignano : un camping-car n’y a généralement rien à faire, mieux vaut se garer aux parkings dédiés en périphérie, souvent bien indiqués et pas chers. Le réseau d’aires de camping-car italiennes (aree di sosta camper) est dense et globalement bien entretenu ; l’application Park4Night reste une valeur sûre pour les repérer, tout comme le guide papier ou l’appli Camperonline, très utilisée localement. Niveau gabarit, certaines routes de crête entre les villages du Chianti sont étroites et sinueuses : un camping-car profilé ou fourgon passe sans souci, mais mieux vaut éviter les intégraux les plus imposants sur les petites départementales secondaires. Enfin, une vignette n’est pas nécessaire en Italie, mais les autoroutes sont payantes : prévoyez du liquide ou une carte pour les péages, et gardez à l’esprit que les grandes villes appliquent souvent une taxe de séjour, y compris sur certains parkings camping-car.
L’itinéraire : dix jours entre collines et cyprès
Cet itinéraire boucle environ 350 kilomètres, pensés pour être parcourus sans précipitation, avec au moins une à deux nuits par étape majeure.
Florence, la porte d’entrée culturelle
Impossible de faire l’impasse sur Florence, mais mieux vaut y venir en visiteur d’un jour plutôt qu’en résident motorisé : garez le camping-car sur l’une des aires périphériques bien desservies par navette ou tramway, direction le Duomo, le Ponte Vecchio et les jardins de Boboli. Comptez une journée complète, voire deux si vous êtes sensibles à l’art florentin.
Le Chianti, cœur viticole de la Toscane
De Florence, direction plein sud sur la route SR222, la fameuse Chiantigiana, qui serpente entre vignes et oliveraies. Greve in Chianti fait une excellente première étape, avec sa place en forme d’entonnoir bordée de bouchers et de cavistes. Poussez ensuite jusqu’à Radda in Chianti et Castellina in Chianti, deux bourgs fortifiés où de nombreuses cantines familiales proposent visites de cave et dégustation, parfois avec vue imprenable sur les rangs de vigne. C’est la période idéale pour observer, voire participer à, la vendange dans certains domaines qui accueillent les visiteurs le temps d’une matinée.
Sienne, la rivale médiévale
Un peu plus au sud, Sienne mérite une étape à part entière. Sa Piazza del Campo en forme de coquillage, son Duomo à rayures et ses ruelles en pente valent largement une journée de balade. Les parkings camping-car en périphérie (secteur Fontebranda ou Stadio Comunale) permettent de rejoindre le centre à pied en quinze minutes.
Val d’Orcia : la carte postale toscane
C’est ici que se trouvent les images qui ont fait la réputation de la Toscane dans le monde entier : les cyprès alignés le long des chemins de terre, les collines ondulantes et la lumière changeante. Pienza, petite cité Renaissance perchée, est réputée pour son pecorino, à goûter dans l’une des nombreuses fromageries du centre. Montepulciano, un peu plus loin, est la capitale du Vino Nobile, un rouge charpenté à découvrir dans les caves creusées sous la ville. Entre les deux, ne manquez pas l’arrêt photo classique près de San Quirico d’Orcia, sur la route qui longe les célèbres cyprès de Val d’Orcia.
San Gimignano, la ville aux mille tours
Sur le chemin du retour vers Florence, San Gimignano surprend par son silhouette hérissée de tours médiévales, vestiges des rivalités entre familles nobles du Moyen Âge. Le village se visite aisément en une demi-journée, avec un détour conseillé par la Rocca pour une vue à 360° sur la campagne environnante.
Se restaurer et faire le plein : les incontournables
La Toscane automnale est aussi une région où l’on mange remarquablement bien. Profitez des marchés de producteurs pour faire le plein d’huile d’olive nouvelle (la récolte des olives commence justement en octobre), de pecorino et de charcuteries locales comme la finocchiona. Les sagre, ces fêtes de village dédiées à un produit du terroir (châtaigne, champignon, raisin), fleurissent en automne et offrent une immersion gastronomique conviviale et bon marché, souvent installée sur la place principale du village.
Nos conseils pratiques pour un séjour serein
Prévoyez un budget carburant et péages un peu plus élevé qu’en France, l’autoroute italienne étant payante sur la quasi-totalité du trajet. Côté eau et vidange, les aires de service sont généralement payantes mais peu coûteuses (2 à 5 euros), à régler souvent via jeton ou carte bancaire sans contact. Enfin, mieux vaut réserver son emplacement sur les aires les plus prisées du Val d’Orcia pendant les week-ends de vendanges, la fréquentation camping-car y étant en forte hausse ces dernières années.
Conclusion
La Toscane en camping-car à l’automne, c’est la promesse d’un road trip où chaque virage dévoile une nouvelle carte postale, où les étapes gastronomiques rythment naturellement le voyage, et où la douceur du climat invite à ralentir. Que vous soyez amateur de vin, passionné d’histoire médiévale ou simplement en quête de paysages qui reposent l’œil, cet itinéraire entre Florence, le Chianti, Sienne et le Val d’Orcia a de quoi combler toutes les envies. Alors, prêt à troquer les plages surchargées de l’été contre les collines dorées des vendanges toscanes ?