Le Salon du Bourget a fermé ses portes fin septembre, celui de Rennes ouvre les siennes dans quelques jours à peine (du 7 au 11 novembre 2026), et déjà les catalogues 2027 des grands noms du camping-car circulent sur le web spécialisé. Chausson, Challenger, Hobby, Rapido, Hymer, Carthago, Le Voyageur, Fleurette, Benimar… tous ont dévoilé tout ou partie de leur gamme pour l’année à venir. Entre évolutions esthétiques, nouvelles technologies de construction et quelques vraies nouveautés de gamme, voici ce qu’il faut vraiment retenir avant d’aller les voir en vrai sur un salon.
La tendance de fond : des cellules qui se passent enfin du bois
S’il fallait résumer 2027 en une phrase, ce serait celle-ci : le bois recule dans la construction des cellules. Chez Trigano (qui regroupe notamment Chausson et Challenger), les tasseaux traditionnels sont progressivement remplacés par des panneaux composites en polyester et mousse haute densité, une technique déjà testée l’an dernier sur certains modèles capucine et désormais étendue à des profilés comme le nouveau Challenger 337. L’argument avancé par les constructeurs est simple : moins de ponts thermiques, moins de risque d’infiltration et de pourrissement sur la durée, donc une cellule qui vieillit mieux. C’est précisément le genre d’évolution peu spectaculaire sur une fiche technique, mais qui pèse lourd quinze ans plus tard à la revente.
Deuxième tendance qui se généralise : les aides à la conduite. La caméra de recul, encore optionnelle il y a deux ans sur beaucoup de modèles, devient quasiment un équipement de série en 2027, y compris chez Le Voyageur où elle passe carrément en caméra 360° sur l’ensemble de la gamme intégrale, et chez Hobby avec une caméra HD à trois angles sur le Prestige T 740.
Côté motorisation, pas de révolution électrique à attendre : aucun camping-car électrique de série n’est annoncé pour le millésime 2027. Le Fiat e-Ducato existe bien, avec une autonomie annoncée autour de 420 km, mais il reste pour l’instant une base d’avenir plutôt qu’un choix généralisé chez les carrossiers. Ford, de son côté, mise sur la micro-hybridation 48V plutôt que sur le tout électrique. Autre dossier qui patiente : le permis B à 4,25 tonnes. La directive européenne qui doit l’autoriser est bien adoptée, mais elle n’est toujours pas transposée en droit français, la limite reste donc fixée à 3 500 kg. Certains châssis sont déjà préparés techniquement pour la bascule, mais restent bridés en attendant le feu vert réglementaire.
Les intégraux montent en gamme
C’est sans doute le segment où 2027 bouge le plus. Rapido présente un nouvel intégral, le C66i, aux côtés d’un profilé 666F doté de lits jumeaux réglables en hauteur, dans une série baptisée Optimum Line. Chez Hymer, le B-ML I est entièrement renouvelé en version I 780 et I 880 sur base Mercedes Sprinter, avec un panneau solaire de 330 W de série et une capacité de batterie pouvant grimper jusqu’à 360 Ah, un vrai progrès pour l’autonomie électrique hors raccordement. Une version profilé, le B-ML T 780, complète la gamme.
Carthago, de son côté, dévoile le c-tourer I 146 FF-RB-LE, un intégral de 7,30 m sur base Sprinter avec un salon face à face, pensé pour les longs séjours. Le prix n’a pas encore été communiqué, mais la marque allemande ne joue jamais sur le segment économique. Benimar, plus accessible, fait évoluer sa gamme Tessoro et présente un nouvel intégral, l’Amphitryon 981, ainsi qu’un profilé Mileo 262 ; une cellule sur base Ford y gagne même 17 cm de hauteur habitable, un détail qui change beaucoup de choses pour les grands gabarits.
Côté profilés : du compact au plus spacieux
Chausson innove avec le X640, un profilé compact de seulement 6,55 m doté d’un lit de pavillon et d’une salle d’eau traversante, construit avec une cellule sans bois. Challenger, de son côté, a fait beaucoup parler avec son nouveau 337 : plus court de 20 cm que le 317 dont il s’inspire (7,20 m au total), il se décline exclusivement en finition Graphite Edition, avec un choix de châssis Ford Transit (130 ch, à partir de 70 490 €) ou Fiat Ducato (140 ch, à partir de 72 990 €). À bord, un salon face à face avec couchettes de route escamotables sous les banquettes, une salle de bain centrale traversante avec douche et WC séparés, et une double cloison capable d’isoler totalement la salle d’eau sur toute la largeur du véhicule. Les lits jumeaux font 85 x 190 cm, légèrement plus courts que sur le 317 pour s’adapter à la cellule réduite. Challenger complète son offre avec le profilé X260 et une série Cosy Edition plus orientée petit budget.
Hobby mise sur la montée en gamme avec son Prestige T 740, repensé avec des sièges avant redessinés en plus de sa caméra de recul HD. Et chez Fleurette et sa marque sœur Florium, la gamme 2027 se décline largement : les intégraux 72 sur Fiat (7,19 m, boîte automatique) démarrent à partir de 99 990 € chez Florium et 102 230 € chez Fleurette, le profilé à lits jumeaux Magister/Mayflower 70 LJG (6,97 m) se positionne autour de 80 000 à 83 000 € selon la finition, et la gamme Belixter sur base Mercedes (7,30 m) grimpe à 114 230 €. L’édition Wellness, très demandée, fait son retour sur six modèles Fleurette.
Le Voyageur soigne l’intérieur plutôt que le catalogue
Pas de nouveau modèle chez Le Voyageur pour 2027, mais un sérieux coup de peigne sur l’habillage intérieur de ses gammes intégrales Eterna (base Fiat Ducato) et Héritage (base Mercedes Sprinter). Nouveau décor bois baptisé Eden en complément de l’ambiance Dune existante, nouvelle sellerie de salon disponible en onze variantes mêlant tissu et cuir, plan de travail de cuisine revu avec crédence effet marbre blanc et machine à café intégrée en option, cabine de douche avec niche rétroéclairée et vasque intégrée… le niveau d’équipement de série grimpe aussi nettement, avec pack sécurité, caméra 360°, chargeur de batterie moteur et sèche-serviettes Alde désormais inclus sur tous les modèles. À l’extérieur, les faces avant et arrière de la gamme Eterna se rapprochent esthétiquement de la Héritage, avec un choix de stickers bronze ou argent sur les deux gammes.
Et pour les petits budgets ?
Tout le monde ne vise pas le haut de gamme. Benimar lance une nouvelle entrée de gamme baptisée Kaleo, sur base Citroën Jumper 140 ch, affichée dès 52 990 €, un tarif qui reste rare sur le marché du camping-car neuf. À noter que le pack OnRoad, facturé 5 990 €, y est présenté comme quasiment incontournable en pratique, ce qui relativise un peu l’étiquette de prix d’appel : mieux vaut intégrer ce coût dès le départ dans son budget.
Où voir tout ça en vrai avant d’acheter
Après le Bourget fin septembre, le rendez-vous à ne pas manquer pour découvrir ces nouveautés en conditions réelles est le Salon de Rennes, du 7 au 11 novembre 2026. Les salons régionaux reprendront ensuite le flambeau dès janvier 2027, l’occasion idéale pour comparer les finitions, s’asseoir dans les différents aménagements et négocier les premières remises de lancement. Pour l’instant, aucune information fiable n’a filtré côté Dethleffs, Knaus, Weinsberg ou Roller Team : leurs annonces devraient suivre dans les prochaines semaines. Autre évolution à suivre : Bürstner a confirmé l’arrêt de sa production de caravanes à partir de 2027 pour se concentrer entièrement sur les camping-cars et fourgons aménagés, signe supplémentaire du basculement du marché vers ces deux familles de véhicules.
En résumé
Le millésime 2027 n’invente pas un nouveau camping-car, mais il consolide des évolutions de fond solides : cellules plus durables sans bois, aides à la conduite généralisées, autonomie électrique en hausse grâce à des batteries et panneaux solaires plus généreux. Côté prix, aucune hausse moyenne chiffrée n’a été communiquée par les constructeurs, mais les tarifs déjà annoncés (du Benimar Kaleo à 52 990 € jusqu’au Fleurette Belixter à plus de 114 000 €) confirment que l’écart entre entrée et haut de gamme continue de se creuser. Si vous préparez un achat pour la saison prochaine, direction Rennes début novembre pour comparer tout ça grandeur réelle, carnet de commande en main.